AUDITION I
 : Jacques ARÈNES

10 janvier 2012
Mme Marie-Jo Zimmermann (Député UMP), qui préside les auditions :

« Je vous remercie d’avoir accepté de nous rencontrer pour traiter d’un sujet difficile, qui a parfois été abordé de manière par trop superficielle. Je veux parler de la question du genre. Si j’estime pour ma part que la présentation des théories du genre par l’Éducation nationale avait plutôt sa place dans un cours de philosophie – ce qui aurait permis à la réflexion de se nourrir de tous les courants existants –, il nous est apparu que la Délégation aux droits des femmes devait plus généralement se faire une opinion sur ces théories. À cet égard, nous nous sommes aperçus à la lecture des premiers éléments de notre rapport, que nous ne disposions pas de contre-avis. Nous avons donc souhaité vous recevoir aujourd’hui, afin de faire une place à toutes les opinions.

Psychanalyste, vous êtes également chrétien, et vous avez réfléchi sur cette question au sein de la Conférence des évêques de France. Je souhaiterais notamment que vous nous expliquiez la position de la psychanalyse qui, contrairement aux études de genre, postule en effet l’existence d’invariants dans la psychologie humaine, lesquels ne relèveraient pas d’une construction de l’histoire et de la société ».

Pour J. Arènes, la question du genre est « trop souvent simplifiée, il est donc important d’en connaître les tenants et aboutissants, mais aussi la complexité, car elle constitue en fait un continuum ». Pour lui, « s’il y a du bon dans ces théories, certains de leurs aspects doivent être questionnés ».

En tant que psychanalyste, sa position, dit-il, est « également complexe. En effet, il n’y a pas une psychanalyse, mais des psychanalyses ». « Certains psychanalystes ont une approche « traditionnelle » des théories du genre, d’autres les adoptent sans réserve, jusque dans leurs éléments les plus contemporains. Il y a des psychanalystes butlériens. Il existe aujourd’hui, même en psychanalyse, toute une filiation qui se réclame plus ou moins de la French theory et de Butler. Bref, il n’y a pas – ou plus – d’homogénéité du monde analytique sur ces questions.»

– Marie-Jo Zimmermann : « Je l’ignorais ».

J. A. « Une partie de ce monde évite soigneusement de prendre position ; Certains osent – et il y faut un certain courage – défendre un point de vue plutôt traditionnel. D’autres s’inscrivent nettement dans la ligne butlérienne. Cela a des implications profondes, dans la mesure où ce n’est pas seulement la question d’une différence de sexes qui est en jeu, mais une vision du sujet. Celle des butlériens s’inscrit plutôt dans la filiation de Foucault : le sujet n’est pas structuré par le manque, mais par une sorte de positivité – le désir n’est que positif. Il s’agit d’un vrai débat pour la psychanalyse. » […].

« Il est impossible d’avoir un point de vue purement objectif sur ces questions : elles sont « infiltrées » par la question politique. Avec les théories du genre, la sexuation et les sexualités sont devenues politiques. C’est une nouveauté puisqu’elles étaient auparavant considérées comme un donné. […] L’intime – qui était auparavant de l’ordre du destin biologique – est devenu politique. Se positionner sur ces questions, c’est donc nécessairement avoir un point de vue anthropologique, c’est-à-dire une vision de l’homme et de la femme. »

« Le continuum des théories du genre commence avec les women’s studies – puis les gender studies – nées dans le monde anglo-saxon dans les années 1960, dont le propos s’inscrit dans la ligne de la formule de S. de Beauvoir « on ne naît pas femme, on le devient « . Il s’agit de repérer ce qui est de l’ordre du social dans la différence masculin-féminin, autrement dit, les stéréotypes et les constructions sociales autour de la différence sexuelle – qui est une donnée biologique. Je préfère le terme de gender au mot français « genre », qui a une connotation grammaticale. Dans le monde anglo-saxon, le gender désigne bien le sexe social. Ce terme correspond donc davantage au sens donné par les sociologues. La notion est cependant complexe, car il ne s’agit pas seulement du sexe social. »

« Robert Stoller, psychiatre et psychanalyste américain, partant du phénomène marginal et complexe du transsexualisme, s’est interrogé sur ce qui peut faire qu’un homme qui a un sexe biologique masculin se perçoive de manière profonde comme une femme. Il a ainsi élaboré une première théorie du gender, dans laquelle le genre est défini comme la manière dont une personne donnée s’approprie psychologiquement son sexe biologique. Nous sommes là dans l’ordre psychologique. Cela a évidemment à voir avec le sociologique et la manière dont la société me regarde : si mes parents m’élèvent comme une femme alors que j’ai un sexe biologique masculin, il y a des chances que me perçoive plus comme une « femme ». Cette appropriation subjective psychologique est donc influencée par le social. Néanmoins, cette première approche reste purement psychologique. Avec le temps, c’est l’aspect sociologique qui va finir par dominer dans les théories du genre – qu’est-ce que la société ajoute comme stéréotypes, comportements ou obligations liés à un sexe biologique donné ? – au risque d’oublier la variable psychologique. Or dans l’appropriation – ou non – de son propre sexe, il y a un aspect personnel important, n’en déplaise à certains manuels pour qui le gender est purement social. Il y a certes du social, mais il a aussi la psychologie personnelle, c’est-à-dire mon cheminement, en tant qu’être singulier, par rapport à un sexe biologique donné et à la manière dont la société regarde ce sexe biologique et me regarde moi. »

« Ces premières théories du genre ne sont plus guère contestées : il est aujourd’hui admis par la plupart des spécialistes en sciences humaines qu’il y a des stéréotypes sexués liés au sexe, et qu’ils ont été utilisés pour conforter une certaine forme de patriarcat, dans une logique d’oppression. »

Pour J. Arènes, « le dernier avatar de la théorie du genre, la gender theory, est plus « problématique ». « Venue du post-féminisme américain, et portée notamment par la militance gay et lesbienne, elle marque un vrai changement. La question n’est plus celle des effets sociaux de la sexuation, éventuellement en termes de pouvoir : on en vient à remettre en question la notion même de sexuation. C’est donc la différence sexuelle elle-même qui est considérée comme une construction sociale. La pensée de Judith Butler est ici décisive. […] « Avec la gender theory à la Butler, on en arrive à une idée purement constructiviste, celle d’un sujet autocréateur de soi jusque dans son rapport à son propre corps », [exemple du cyborg de Donna Haraway]. « Le donné corporel biologique n’est plus considéré comme un destin, mais au contraire comme quelque chose que l’on doit changer ». C’est là ce que J. Arènes remet en question.

« Le donné corporel et biologique – dont la sexuation fait partie – n’est-il pas aussi structurant ? Pourquoi serait-il nécessairement un lieu d’oppression ? Certes, la sexuation a été un outil d’oppression à un moment de l’histoire humaine. Mais le donné corporel et biologique, longtemps considéré comme un destin, peut aussi être regardé comme un lieu de construction de soi. Cela conduit à remettre en question la vision d’un certain féminisme. Quand Henri Atlan annonce que l’utérus artificiel est pour bientôt, on peut se demander si la reproduction va rester purement féminine. Nous ne sommes plus ici dans la seule question de la sexuation, mais de l’avancement ultime vers l’égalité ». […]

« Nous reconnaissons qu’il y a eu des effets de pouvoir et d’oppression liés à la différence des sexes. Mais ne faut-il pas relire la différence des sexes autrement que comme un pur lieu de pouvoir ? L’appétit de l’autre, la reconnaissance de l’altérité, le plaisir d’aller vers quelqu’un qui n’est pas soi ou la reconnaissance de formes différentes d’être au monde, ne sont-ils pas constructeurs ? […] La disparition des pouvoirs hiérarchiques anciens, notamment patriarcaux, ne signifie pas qu’il n’y aura plus de pouvoirs ! Simplement, ceux-ci seront peut-être moins nommés. Pensons par exemple au pouvoir de la séduction… […] Je ne pense pas que la dérégulation entraîne nécessairement la fin du pouvoir. […] En déduire qu’il n’y a plus de pouvoir dans les familles, qu’il n’existe plus ni influence, ni séduction, ni emprise serait néanmoins un peu naïf. »

« Ne serions-nous pas aussi en train de perdre toute vision heureuse de la différence ? Certes, il y a beaucoup de construit social dans la différence des sexes ; Mais n’est-ce pas une bonne nouvelle pour chacun d’entre nous que d’être confronté à un ou une autre, dont la perception des choses peut être différente ? » J. Arènes prend ici l’exemple du rapport au temps. « Contrairement aux femmes dont la vie est rythmée par le cycle menstruel, les hommes ont tendance à se vivre comme éternels, parce qu’ils ont le sentiment – ou l’illusion – que le temps n’est pas inscrit en eux. Il y a sans doute là des données qui induisent un rapport différent au monde. D’où la question que pose Sylviane Agacinski : ne peut-on penser la différence et l’égalité en même temps ? On pense facilement que garder la différence, c’est laisser perdurer l’inégalité, donc l’oppression des hommes sur les femmes. C’est un peu simple. Il nous faut inventer une pensée de la différence qui ne soit pas une pensée essentialiste, au sens où tout est donné, mais néanmoins une pensée où cette différence entre les hommes et les femmes peut être féconde. » […]

– Mme Danièle Bousquet (Député PS) : « Il serait évidemment souhaitable de pouvoir penser la différence et l’égalité en même temps, mais la réalité est bien différente : dans toute l’histoire de l’humanité, féminité a rimé avec infériorité. Or, quoique vous disiez, la vision essentialiste prévaut encore, y compris en France […] nous sommes loin d’avoir pris conscience que les rapports entre femmes et hommes restent inégalitaires et injustes. C’est que pour la plupart de nos contemporains, cet ordre est juste. Sans doute est-ce sa persistance qui a fait naître non les gender studies, mais les théories qui vont plus loin. Car la vision heureuse de la différence que vous évoquez reste un fantasme. Dans le monde occidental, et plus encore ailleurs, la vision de la différence reste dévalorisante pour les femmes. Pour que la vôtre devienne réalité, encore faudrait-il être dans l’égalité. Nous en sommes loin, puisque celle-ci ne fait l’objet d’aucune vraie politique publique. Notre assignation à la maternité nous infériorise. C’est pourquoi l’idée de déconnecter le sexe biologique du fait de porter des enfants est intellectuellement séduisante, même si elle a aussi de quoi effrayer. Comment aller vers l’égalité sachant que c’est la maternité biologique qui crée notre infériorité sociale ? ».

Pour J. Arènes, la réalité contemporaine est plus complexe. Il évoque son travail avec ses patients qui lui parlent de « leur vie intime et familiale ». « Certes, ils appartiennent aux classes moyennes et favorisées, mais j’observe qu’il y a un partage du pouvoir : le pouvoir économique, social et politique appartient toujours aux hommes, mais ce sont désormais les femmes qui ont le pouvoir dans les familles. »

– D. B : « Le pouvoir domestique, ce n’est pas le pouvoir… »

J. A : « La situation est certainement différente dans les banlieues. »

– M-J Z : « Pas forcément. »

J. A : « Peut-être cette situation est-elle liée à un « donnant-donnant » qui permet à ce qui reste du monde patriarcal de continuer à accaparer le pouvoir social. Mais je ne pense pas que cela perdurera. Sans aller jusqu’à parler de matriarcat, on peut dire que le fonctionnement familial est aujourd’hui très « matricentré. »

– D. B : « Bien évidemment, puisque ce sont les femmes qui font tout : s’occuper des enfants, mais aussi les courses, la cuisine, le ménage ! »

J. A : « Il y a cinquante ans, le pouvoir du patriarche était beaucoup plus important. »

– M-J Z et D. B : « Pas sur la vie domestique ! »

J. A : « Au moins sur les décisions familiales. Quand je parle de fonctionnement « matricentré », je ne pense pas seulement à la vie domestique, mais aussi au rapport aux enfants. Force est de constater que le rapport au père est devenu évanescent. Si complexe qu’il puisse être, le rapport à la mère reste vivace, alors que la difficulté à s’appuyer sur une relation vivante au père est une quasi constante chez le sujets en difficulté. Les raisons en sont nombreuses : les hommes ont fui, les femmes ont acquis une certaine forme de pouvoir… Nous allons progresser vers l’égalité économique et sociale est nécessaire, mais si nous ne réfléchissons pas en même temps sur ce qui fait nos différences comme sur notre désir de les investir, nous allons vers de vraies difficultés. Ces sujets sont délicats à aborder, car on est vite taxé d’essentialisme.

En tant que professionnel, je confirme pourtant que le rapport à la parole intime est différent chez les hommes et chez les femmes. Même si c’est lié à des stéréotypes sociaux, il est important d’aider les personnes à s’approprier leur masculin ou leur féminin, en tout cas à mener cette réflexion. Je constate également que les couples, et en particulier les jeunes couples, font beaucoup trop de choses ensemble. Le résultat est qu’au bout de trois ans, on n’a plus qu’un seul désir, celui de se séparer… il ne s’agit certes pas de reproduire le schéma traditionnel des hommes à la chasse et des femmes à la maison ; mais il faut que chacun puisse repérer, en fonction de sa sensibilité personnelle, un espace qui lui est propre. »

J. Arènes repose la question de savoir si un rapport au donné biologique qui ne soit pas de l’ordre d’un destin « persécuteur » est possible. « Cette réflexion reste difficile à conduire dans le champ social, car elle peut sembler justifier les anciennes hiérarchies. D’une manière générale, le rapport au donné est devenu plus difficile. La question posée est de savoir si un rapport au donné biologique qui ne soit pas de l’ordre d’un destin « persécuteur » est possible ».

– D. B. « Je ne dis pas que les hommes naissent persécuteurs, mais que l’ordre social établit une hiérarchie entre les sexes, et que la relation de classe – si je puis dire – entre les femmes et les hommes, et non la relation individuelle d’un homme à une femme, conduit aujourd’hui à opposer une classe d’oppresseurs et une classe d’opprimés. Tous les chiffres nous le disent, et ce ne sont pas les relations individuelles qui peuvent y changer quelque chose.

J. A : « Je ne parle que du point de vue personnel. Il y a évidemment des données qui sont d’ordre politique. »

– D. B : « Nous avons besoin d’instruments pour faire bouger l’ordre établi. Parler d’indifférenciation sexuelle en est un. La maternité est en effet le fondement de notre infériorisation : les femmes sont au service des hommes pour la continuation de l’espèce. »

J. A : « Pensez-vous que ce soit encore le cas aujourd’hui ? »

– M-J Z et D. B ensemble : « Bien sûr ! ».

J. A : « Je vois de plus en plus de femmes cadres qui décident de faire un enfant seules – ou presque – et n’ont besoin des hommes ni pour faire carrière, ni pour avoir des enfants, ni pour mener leurs projets à terme. Sans doute ce modèle se retrouve-t-il principalement dans les classes favorisées, mais il ne faut pas oublier que les élites « tirent » la société. Bref, je ne pense pas que les femmes aient encore besoin des hommes pour faire des enfants. »

– D. B : « Individuellement, non. Mais mon propos concerne l’ensemble de notre société. »

J. A : « Certes, mais l’ensemble de notre société est plus complexe que vous ne le dites. L’évolution dont je vous parle est irréversible. Elle signe la fin d’une hiérarchie des sexes. »

– D. B : « Nous n’y sommes pas encore ! »

J. A : « Je suis certain que dans cinquante ans, nous y serons.»

– M-J Z : « En attendant, ce n’est pas la réalité ! »

J. A : « Je maintiens que cette réalité est plus complexe que vous ne le dites. »

– D. B : « Vous parlez là de réalités individuelles. »

J. A : « Mais les réalités individuelles font la réalité collective… Or je vois de nombreuses femmes qui mènent leur barque par elles-mêmes. »

– D. B : « Cela ne fait pas évoluer pour autant la hiérarchie dominante. »

J. A : « En êtes-vous sûre ? Voyez comme la hiérarchie des sexes a évolué dans le monde médical ! »

– D. B : « Je vois surtout qu’il a connu une dévalorisation depuis que les femmes y sont majoritaires. »

J. A : « Vous faites une lecture marxiste de la situation ! Pensez-vous que le fait qu’il y ait plus de femmes suffise à expliquer cette dévalorisation ? »

– D. B : « Je constate que chaque fois que les femmes investissent un domaine professionnel, il perd de son prestige. […] Pourquoi tant de femmes refusent-elles de se faire appeler « madame la sénatrice ou madame la députée, si ce n’est parce que le féminin est constamment dévalorisé ? »

J. A : « Je respecte votre conviction, mais je pense que la tendance actuelle est plus complexe. Je ne nie pas qu’il y ait encore des effets de pouvoir et de hiérarchie dans le monde d’aujourd’hui, mais la tendance à l’égalisation est extrêmement forte. Dans le quotidien individuel des personnes, les hommes ne sont plus des mâles dominants – en tout cas dans les classe moyennes. »

– Mme Marie-Noëlle Battistel, (Député PS) : « C’est en effet différent dans d’autres classe sociales. »

J. A : « Cette complexité ne doit pas nous échapper. Le combat en faveur de l’égalité sociale, économique et politique ne peut ignorer cette évolution dans la vie intime et individuelle, alors même que depuis deux ou trois siècles, l’intimité est hautement valorisée. […] Certes, il n’en va pas de même dans les banlieues. Mais je le répète, l’élite d’une nation est une locomotive idéologique. Il y a d’ailleurs du « donnant-donnant » dans tout cela : s’il y avait plus d’égalité dans la vie sociale, les choses se passeraient sans doute différemment dans les familles. »

– D. B : « La manière dont les personnes abordent leur mal-être est aussi liée à la pression sociale et à la réalité sociale.  L’assignation à la condition féminine peut donc contribuer à expliquer ce mal-être : les difficultés psychologiques ne surviennent pas ex nihilo. »

J. A : « Le fait que la maternité ait servi à justifier l’enfermement féminin interdit il d’envisager un autre rapport à la maternité ? Aujourd’hui, une femme peut difficilement prétendre valoriser sa maternité en tant que plaisir personnel sans passer pour rétrograde. […] Pour les hommes comme pour les femmes, la question posée est celle de la valorisation de l’investissement dans la vie intime et personnelle. […] Et si certains – hommes ou femmes – ont envie d’investir la sphère intime ? Ne nous cantonnons pas à une lecture en termes d’oppression. Certes, cette oppression a été une réalité. Est-ce à dire que les femmes ne trouvaient aucun bonheur dans la maternité ? Que penser de ces jeunes femmes brillantes et diplômées qui hésitent à accepter un poste à responsabilités parce qu’elles redoutent qu’il ne soit pas compatible avec leur vie de famille – le cas est relativement fréquent ? […] Cette manière de poser la question de l’interaction de l’intime et du social est en tout cas liée au lien maternel. D’authentiques dilemmes se jouent ici – peut-être parce que les femmes perçoivent certaines choses d’une autre manière que les hommes. »

– D. B : « Nous ne pouvons qu’être d’accord. Mais encore une fois, il s’agit d’exemples individuels, qui ne modifient en rien l’ordre social existant. »

J. A : « Mais si l’ordre existant change comme vous le souhaitez, il sera important d’avoir une autre lecture. »

– M-J Z : « Cela ne concernera pas la génération qui nous suit, mais celle d’encore après. »

– D. B : « J’entends bien ce que vous dites sur le plaisir que l’on peut trouver dans la relation avec ses enfants. Mais cela ne fait que renforcer l’ordre établi : nous ne pouvons faire en sorte que les hommes s’approprient tout de suite la manière dont nous vivons les choses. »

J. A : « L’égalité se joue-t-telle uniquement dans la neutralité sexuée, ou peut-elle se jouer dans un style différent ? Autrement dit, est-elle compatible avec la différence ? » […]

– D. B : « Le pouvoir d’un individu sur l’autre concerne la relation à deux. C’est autre chose que celui d’une classe dominante sur une classe dominée, qui pèse sur nos épaules depuis des générations. La vision de la psychanalyse, qui est par définition celle de l’individu, ne peut donc éclairer ce débat. »

J. A : « Il y a tout de même un effet de groupe qui joue. Par exemple, c’est toute une génération qui a un certain rapport au fait paternel, et pas seulement l’individu.

– D. B : « Je dirais plutôt un certain nombre d’individus d’une génération. »

J. A : « Vous adoptez une lecture individuelle pour lire le phénomène familial, et une lecture sociale pour lire le phénomène politique et économique. C’est un raisonnement spécieux. »

– M-J Z : « Pourquoi cet exemple du rapport au père ? »

J. A : « Parce que la question paternelle se pose dans bien des familles – et pas seulement les familles monoparentales. Je ne suis pas pour le retour au patriarche, mais le positionnement masculin dans les familles est aujourd’hui une vraie question. »

– M-J Z : « Je ne vois pas en quoi les femmes en seraient responsables. »

J. A : « Ce n’est pas ce que je dis. […] Je ne dis pas que le problème masculin – qui est un vrai problème aujourd’hui – soit imputable entièrement aux femmes. La difficulté pour les hommes à investir leur conjugalité et leur parentalité dans la durée est une réalité plus que massive. […]

J. Arènes suggère alors à la Délégation d’auditionner Camille Froidevaux-Metterie qui a notamment travaillé sur « l’anthropologie du féminin ». « Sa pensée – qui ne se situe pas dans la mouvance immédiate du gender – est originale et intéressante. Ce qu’elle dit en substance est que l’on peut à la fois réussir socialement et considérer la maternité comme un lieu de plaisir. Peut-être la femme contemporaine doit-elle accepter cette dualité et la pousser à son terme. Prétendre éliminer la question maternelle – au motif qu’elle était un reliquat du patriarcat – a été l’un des défauts de la « seconde vague » du féminisme. »

– M-J Z : « C’était en effet une erreur. »

– D. B : « Oui, puisque la question maternelle s’impose. »

J. A : « Sauf que vous y voyez un destin, alors que Mme Froidevaux-Metterie parle de lieu de plaisir. »

– D. B : « Ce n’est pas la maternité en elle-même, mais l’assignation de la femme qui me dérange. »

J. A : « Mais peut-être peut on vivre la maternité autrement que comme une assignation patriarcale…

– M-J Z : « Les politiques qui tendent à mettre davantage en avant la paternité – congé parental partagé, garde alternée – une bonne chose ? »

J. A : « La garde alternée est de plus en plus fréquente, mais sa réussite dépend au premier chef de l’absence de conflit entre les parents. Lorsque c’est le cas, elle permet au père de réinvestir ce lieu. De plus en plus de jeunes pères ont d’ailleurs ce désir d’égalité. Il y a là une évolution irréversible. »

– M-J Z : « Est-elle positive ? »

J. A : « Je n’ai pas de pensée arrêtée. Ce qui compte, c’est que le père garde une vraie place en cas de séparation. […]

– D. B : « Pour peu que le père le veuille : dans les deux tiers des cas, il ne garde aucun lien. »

J. A : « Le sujet a fait l’objet de prises de position très dogmatiques […] Pour ma part, je dirais que cela dépend des enfants, il est certain que pour un nourrisson, qui a souvent un lien plus fort avec sa mère, cette solution n’est généralement pas souhaitable.

Arriverons-nous à une neutralité totale dans l’approche de ces questions ? Et sommes-nous prêts à l’assumer ? D’ici trente ou cinquante ans, l’utérus artificiel sera réalisable. Il faudra alors assumer son impact anthropologique. Personnellement, je ne pense pas que cela soit souhaitable. Mieux vaut penser la maternité comme faisant partie de la condition féminine et essayer de penser pour les femmes une trajectoire sociale et politique qui laisse la place à un investissement réel de la maternité, plutôt que d’en arriver à des solutions d’une neutralité absolue – que la technique nous donnera un jour. »

– D. B : « Vous semblez dire que c’est le choix des femmes de ne pas assumer les maternités. Mais la réalité n’est pas là. »

J. A : « Je dis simplement que si cette dynamique perdure, les hommes vont l’investir – et ils auront raison. Nous sommes pris dans une dynamique – qui n’est ni masculine, ni féminine, et qui dépasse la question de la différence des sexes – en faveur de la libre disposition de son propre corps. Ne faut-il pas y mettre un frein ? Une femme de soixante ans peut-elle revendiquer le droit d’avoir des enfants, un homme celui d’avoir un utérus artificiel à sa disposition ? La gestation dite pour autrui se rattache au même questionnement. Ce sont des questions qu’il importe de se poser, car cette dynamique de neutralité a des conséquences. Plutôt que de choisir cette voie, qui serait un gage d’égalité absolue mais comporte aussi un certain nombre de dérives, mieux vaut essayer de penser la différence en l’articulant avec l’égalité. »

– D. B : « Avec des politique sociales adéquates. Or de ce point de vue, rien n’a changé : à quelques exceptions près, il reste impossible de revendiquer pleinement la maternité en même temps qu’une carrière politique ou professionnelle. Ce n’est pas ainsi qu’est organisé notre monde. »

J. A : « Il est possible de le changer. Mais cela reste complexe à penser, car il faut sortir de certaines catégories. La neutralisation semble être aujourd’hui une condition de l’égalité – et cela ne vaut pas seulement pour la différence des sexes. Or il est très important pour une démocratie de pouvoir penser l’égalité dans la différence. »

– M-J Z : « Je vous remercie de votre contribution à notre réflexion sur ces questions essentielles.

COMMENTAIRE

M-J Zimmermann n’a pas facilité la tâche de Jacques ARÈNES en présentant d’avance la position de la psychanalyse comme, « contrairement aux études de genre, postulant en effet l’existence d’invariants dans la psychologie humaine, lesquels ne relèveraient pas d’une construction de l’histoire et de la société ». Sous d’autres formulations, D. Bousquet a également présenté une situation à deux dimensions antagonistes, assignation biologique à la maternité / infériorité sociale. Du social est attendue une solution politique pour compenser « l’infériorité» de la différence sexuée, voire s’en débarrasser puisque l’on va jusqu’à trouver pensable l’idée de « déconnecter » le sexe biologique du fait de porter des enfants.

Le point de vue de J. Arènes – la « neutralisation comme condition de l’égalité est une voie sans issue, il faut penser la différence en même temps que l’égalité –, ne pouvait que se heurter aux certitudes arrêtées de D. Bousquet. Après des échanges serrés et divergents, cette dernière concluait que « la psychanalyse n’a pas sa place dans le débat », « elle ne s’occupe que de l’individu ». Autrement dit, l’impasse totale, comme on l’a déjà vu précédemment, (1), lors d’une audition au titre de la psychanalyse.

Les remarques qui vont suivre visent à compléter certains points de l’audition de J. Arènes concernant la question du gender pour la psychanalyse.

Dans sa présentation de la notion de gender, J. Arènes insiste, à juste titre, sur le problème de traduction de ce terme en français, terme introduit dans la psychanalyse par R. Stoller à partir d’une clinique du transsexualisme. Mais en disant que Stoller s’est interrogé sur « ce qui peut faire qu’un homme qui a un sexe biologique masculin se perçoive de manière profonde comme une femme ». […] « Si mes parents m’élèvent comme une femme alors que j’ai un sexe biologique masculin, il y a des chances que me perçoive plus comme une « femme. » […], concluant que « cette appropriation subjective psychologique est donc influencée par le social », J. Arènes laisse les termes de « psychologique » et de « social » indéterminés, et n’interroge pas le non-pensé du terme d’ « assignation » que son interlocutrice lui oppose comme un argument absolu.

Stoller a réuni un matériel exceptionnel d’observation et d’analyse concernant trois jeunes garçons, de quatre-cinq ans, qui, à cet âge pouvaient être déjà « considérés comme des « transsexualistes avérés », et avaient montré des signes évidents de leur état dès l’âge de deux ans, sinon avant », (2). L’étude clinique de Stoller – (dans un des cas, l’analyse de la mère a commencé en même temps que celle de son fils) – « offre une occasion presque unique de voir comment deux positions du désir, se succédant sur deux générations ont abouti, au niveau de la troisième, à la production d’un jeune transsexualiste », (3). Il ne s’agit donc pas d’un « social » indéterminé, mais de ces autres significatifs, le père, la mère, dont on ne peut pas vraiment dire non plus qu’ils « élèvent » l’enfant comme une femme : ce qui domine chez ces parents, c’est l’incapacité de « décourager » les comportements typiquement féminins de leurs enfants, c’est « l’aveuglement », au point que c’est de l’entourage, de voisins – le « social » ici au sens sociologique –, que des signaux d’alarme insistants seront envoyés, qui mèneront à une consultation.

De ces travaux, Stoller a dégagé la notion d’identité de genre, (gender identity), c’est-à-dire « la croyance fixe d’appartenir à l’autre sexe, entraînant la demande que le corps soit « corrigé » en conséquence », dès lors qu’il n’y a pas concordance avec le sexe d’assignation à la naissance, (sex-assignment). Stoller a eu « l’immense mérite », a reconnu J. Laplanche, d’avoir souligné « l’apparition précoce de l’identité de genre, […] et « attribué l’identité de genre à l’unité complexe faite de « l’assignation » et des « messages infinis reflétant les attitudes, adressés au corps de l’enfant et à sa psyché », défendu l’hypothèse psychique et relationnelle réfutant le déterminisme hormonal direct du genre », (4).

Au-delà du champ clinique des débuts, J. Laplanche a travaillé, à partir de 2000, à introduire le genre dans la pensée psychanalytique freudienne, « non pour pactiser avec ceux qui veulent affadir la découverte freudienne », mais pour soutenir que ce serait « paradoxalement, un moyen de réaffirmer l’ennemi intime du genre, le sexual ». Il a élaboré une théorisation qui s’interpose entre les premiers travaux de Stoller, et ceux des féministes, à la suite de  J. Butler. « Les féministes dans leur ensemble, jusqu’aux radicales ont besoin du sexe pour le subvertir et le « dénaturaliser » en genre. Mais faudrait-il pour autant revenir à la bonne vieille séquence sexe/genre dans cet ordre : sexe avant genre, nature avant culture, même si on s’accorde à « dénaturer » la nature ? Dans tout cela bien sûr, le sexuel freudien, le « sexual », risque d’être le grand absent. La psychanalyse sera mentionnée pour être rangée dans la classe des idéologies subordonnant le genre au sexe », (p. 74-76).

Le mérite de J. Laplanche est d’avoir engagé le débat de l’intérieur de la psychanalyse. Pour ce faire, il a fixé un préalable : « s’opposer à situer et à traduire gender en français comme « sexe psycho-social » / le sexe comme « sexe biologique », car une telle catégorisation ramène l’opposition genre-sexe à la vieille antienne biologie/sociologie». Les désignations par « sexe biologique » et par « sexe social » sont plus qu’approximatives, dit-il, et recèlent « toute une option théorique, laquelle reste non discutée », (p. 73, 76, 89). Ceci posé, il ajoute un troisième terme pour constituer une triade propre à la psychanalyse : genre-sexe-sexual.

Le « sexual », c’est « la grande découverte de Freud », « la sexualité élargie », « non procréative », « non principalement sexuée », « la sexualité qui n’est pas référée d’emblée à la différence des sexes masculin et féminin ». Il s’agit de tous les plaisirs du corps, les plaisirs dits érogènes, le « sexual » n’est pas le sexué », « il est extérieur sinon même préalable pour Freud à la différence des sexes, voir à la différence des genres : il est oral, anal, ou para-génital, « c’est essentiellement le sexuel pervers infantile », (p. 71). Le sexué, c’est la différence anatomique des sexes.

  1. Pour définir le genre, « le terme capital, c’est celui d’assignation », qui souligne « le primat de l’autre dans le processus ». L’assignation est « un processus qui n’est pas ponctuel, limité à un seul acte. […] L’assignation est un ensemble complexe d’actes qui se prolonge dans le langage et dans les comportements significatifs de l’entourage, (p. 81).
  2. « Le social recouvre au moins deux réalités qui se croisent. D’une part, le social ou le socio-culturel général. Bien sûr, c’est dans le « social » qu’est inscrite » l’assignation, ne serait-ce dans cette fameuse déclaration de départ qui se fait au niveau des structures institutionnelles d’une société donnée.» Mais, « celui qui inscrit, ce n’est pas le social en général, c’est le petit groupe des socii proches, […] le père, la mère, un ami, un frère, un cousin etc. ce n’est pas la Société qui assigne », (p. 81). « Cette idée d’assignation change complètement le vecteur de l’identification ». Laplanche reformule ici « l’identification primitive au père de la préhistoire personnelle » en « identification primitive par le socius de la préhistoire personnelle », (p. 82).
  3. Les « messages du socius », sont notamment des messages d’assignation du genre. Mais ils sont aussi porteurs de bien des « bruits », tous ceux que les adultes proches viennent apporter : parents, grands-parents, frères et sœurs. Leurs fantasmes, leurs attentes inconscientes ou préconscientes. […] Ces souhaits inconscients viennent aussi infiltrer l’assignation du genre. C’est donc le sexué et aussi surtout le « sexual » des parents qui vient faire bruit dans l’assignation. Je dis « principalement le sexual », car je tiens beaucoup à cette idée que, finement, les adultes en présence de l’enfant vont réactiver surtout leur sexualité infantile. (p. 83).

C. Dejours a résumé ainsi la conception de Laplanche sur cette question du genre : « L’assignation de genre et l’identité de genre ne relèvent pas d’un déterminisme social. Le genre est une catégorie individuelle qui, à chaque fois, est élaborée par un sujet singulier. Le genre n’est pas social pendant que le sexe serait biologique ; le genre assumé serait plutôt un sang mêlé de social et de sexuel inconscient ». Avec cette conséquence, que « n’étant pas un pur rapport social, il n’est pas « vulnérable à la subversion politique », (5). Ce qui ne l’immunise pas, pour autant, contre la pensée militante.

Les hypothèses de Laplanche sur l’assignation sont largement infiltrées (p. 82-84) par sa théorie de la séduction généralisée, qui affirme « la priorité de l’autre, « l’autre concret », dans la constitution de l’être humain et de sa sexualité, avec sa notion de « message » « imprégné des significations sexuelles inconscientes de l’adulte », message « énigmatique » pour l’enfant, mis en position de le « traduire ». Laplanche l’a élaborée dans le cadre de la controverse sur les abus sexuels sur les enfants, aussi son extension à la question du « genre » conduit à sous-estimer des paramètres essentiels. Les « adultes en présence de l’enfant », « les adultes proches » manquent ici à être arrimées aux « structures institutionnelles » et à l’enjeu de l’écart des générations dès lors qu’il s’agit de « parents, grands-parents, frères et sœurs ».

Les « structures institutionnelles », devant lesquelles se fait l’acte de déclaration, ne sont pas un simple bureau d’enregistrement. Lorsque l’officier d’état civil refuse, par exemple, le choix des parents pour tel ou tel prénom, il signale son refus au procureur de la République, lequel saisit un juge des affaires familiales, et le juge statue, au nom de la Société, au nom de « l’intérêt de l’enfant » sur le prénom que portera l’enfant. Le refus n’est pas toujours motivé par l’extravagance du prénom : A. Papageorgiou-Legendre donne un exemple clinique de refus par un officier d’état civil d’un prénom de garçon mis au féminin qui ne s’y prêtait guère, prénom en l’honneur d’un « petit garçon mort d’une famille amie », (6).

Les montages juridiques instituent la venue au monde d’un enfant, notifient ceux qui deviennent son père et sa mère, dont il  devient le fils ou la fille, et à ce titre inscrit dans l’ordre généalogique, dans les deux lignées familiales. L’acte de déclaration de naissance établit « l’assignation généalogique », qui assigne au sujet une place, et lui notifie les places interdites – ce qui fonde à dire que « la Société est une fonction pour le sujet » (7).

Le sujet n’est pas un « sujet insulaire », il n’y a pas « d’un côté le sujet et de l’autre l’institutionnel dont il faut absolument se libérer !», (8). La fonction institutionnelle  consiste à « nouer ensemble les grands registres de la vie », « les données humaines élémentaires », à savoir, le biologique, le social, le subjectif, dans sa dimension plénière conscient/inconscient », (9).

La psychanalyse ne « postule » pas « l’existence d’invariants dans la psychologie humaine» mais reconnaît qu’ « il y a de la division : « un homme n’est pas une femme, et une femme n’est pas un homme, et cela passe par le corps. Ça, ce sont les « indéménageables de la logique et de la Raison », (10).

NOTES ET RÉFÉRENCES

(1). Voir sur le Blog, FAIRE-NAÎTRE, Comptes rendus d’auditions, 9 décembre 2012 et 26 février 2013.

(2), (3) Moustafa Safouan, Études sur l’Œdipe, éditions du Seuil, Paris, 1974, p. 76- 90.

(4) Jean Laplanche, « Le genre, le sexe, le sexual », in Libres Cahiers pour la psychanalyse, SUR LA THÉORIE DE LA SÉDUCTION, IN PRESS ÉDITIONS, 2003, p. 69-95.  À partir de cette note, toutes les indications de pages dans le corps du texte renvoient à cet article.

Il était impossible de rendre compte ici des problèmes de traduction du terme de gender à partir de l’anglais. Les précisions qu’apportent Laplanche sur ce point, et concernant notamment la langue de Freud, pour sa traduction en allemand, (p. 70), doivent être consultées pour prendre l’exacte mesure de la difficulté et de la complexité de la traduction de ce terme en français.

(5) Christophe Dejours, « L’indifférence des sexes : fiction ou défi ? », in Les sexes indifférents, puf, 2007, p. 43, 46, 49.

(6) Pierre Legendre, FILIATION, Leçons IV, suite 2, Fayard, 1990,  A. Papageorgiou-Legendre, Fondement généalogique de la psychanalyse, p. 45 ; voir également, p. 136-137, rêve d’un prénom différent de celui de l’état civil.

(7) Pierre Legendre, DIEU AU MIROIR, Étude sur l’institution des images, Leçons III, Fayard, 1994, p. 91.

(8) Pierre Legendre, Vues éparses, MILLE ET UNE NUITS, 2009, p. 133-134. Sur « la facture institutionnelle du sujet », voir également, A. Papageorgiou-Legendre, Fondement généalogique de la psychanalyse, op. cit. p. 56-68

(9) Pierre Legendre, DIEU AU MIROIR, op. cit. p 138 ; LES ENFANTS DU TEXTE. Étude sur la fonction parentale des États, Fayard, Leçons VI, p. 167.

(10) Pierre Legendre, Vues éparses, MILLE ET UNE NUITS, 2009,  p. 140.

 

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Une réponse à “AUDITION I
 : Jacques ARÈNES

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